24h du Mans 2009
Cette année, j’ai décidé de participer aux 24h du Mans roller pour la 5émé année consécutive.
Après 4 participations aux 24h du Mans roller (3 en équipe, 1 en duo), une très bonne saison de course FIC (Coupe de France de roller en ligne) en 2007, je ne cherche rien à prouver à personne. J’aime bien ma tranquillité et mon anonymat qui n’est que relatif dans le monde du roller.
L’an dernier en étant présent au départ de cette épreuve dans la catégorie duo et malgré un abandon (fracture du poignet de mon binôme) après plus de 13h de course (alors que nous étions 3°), je m’étais prouvé que l’être humain était une formidable machine. Que l’on peut se sortir de problèmes de santé très grave en très peu de temps et qu’il n’y a pas besoin d’être un champion de haut niveau pour cela.
Cette année, mon but est de développer le nouveau club de roller d’Avignon. Le but de ce club est de reprendre les activités d’une association de randonneur dissoute quelques mois plus tôt. A l’activité randonnée, d'autres disciplines comme la “Vitesse”, le “Free-Ride”, le développement des “Voies Vertes" viennent compléter l’offre de ce club. Cela permet de rassembler sous une même bannière les principaux acteurs du roller sur Avignon et ses alentours.
Je cherchais un évènement qui puisse vraiment le faire connaître et le lancer. Les 24 heures du Mans roller me semble l’évènement judicieux.
Une fois les 24h du Mans 2009 passés, mon projet est de me consacrer pleinement à ce nouveau club et de développer la section vitesse et d’arrêter les courses de roller.
Personne ne me croie quand je dis que j’ai envie d’arrêter la compétition, et pourtant c’est bien mon intention.
Début avril 2009, après la course FIC de Nîmes, je prends la décision que cette épreuve sera bel et bien ma dernière course de roller. En effet, ce n’est pas toujours évident de pouvoir
s’entraîner régulièrement, tout en menant de front le développement d’un club qui débute.
Malgré mon esprit de compétition, j’estime que le sport doit rester un plaisir et un moment de convivialité. La vie de famille à laquelle j’aspire (avec la garde alternée de mes poussins) n’est
à ce moment là plus compatible avec l’hyper compétition et l’hyper entraînement que j’ai pu avoir par le passé.
Je pense quand même retourner à nouveau au Mans mais cette fois en tant que staffeur d’une équipe de randonneurs avignonnais, ou d’amis solo. Cela permettra de découvrir cette épreuve sous un autre point de vue et aussi de renvoyer l’ascenseur à des personnes novices.
1) Recherche d’un coéquipier.
En janvier, une fois la décision prise concernant ma participation, je me lance à la recherche d’un équipier qui puisse participer avec moi. Manu, mon partenaire de l’an dernier ne s’est pas vraiment remis de sa fracture du poignet. Je dois donc trouver une personne étrangère au club.
Ce choix est très difficile car il ne s’agit pas simplement d’associer de 2 bons coureurs, 2 mercenaires mais bien d’associer 2 personnes qui se connaissent bien, très complices et capables de faire beaucoup de concessions pour s’accorder, se soutenir et palier aux défaillances de l’un ou de l’autre.
Ainsi, je contacte mon ami Youb Solo (Hubert Maniabal), Coureur Nîmois émérite inscrit au club de Gap (ma région de naissance). Youb a une hygiène de vie et une alimentation remarquable. J’apprécie tout particulièrement parcourir les routes du sud de la France en sa compagnie, au milieu de la nature en rigolant de tout et de rien. Au début, Youb est partant pour le duo puis finalement il décide de s’inscrire en solo. Le solo et les défis hors norme, c’est son truc. Je l’admirerai toujours. C’est pour moi un grand monsieur.
Je contacte alors Sylvain Chachereau (dit QuickSylvain), un ancien collègue du club des Funny Rider de Montpellier. Il est maintenant au club de Sablé sur Sarthe. Dans le même temps je contacte également Pascal Lorenzi (dit 84Only). Pascal est un coureur très sympathique de la région d’Angers. En sa compagnie, j’ai éprouvé grand en rouler pendant des dizaines de kilomètres aux 6h de Montluçon. Cela pourrait être pour moi une bonne occasion de découvrir cette personne attachante.
Pascal (84only) m’indique qu’il envisage de participer aux 24h en solo.
Sylvain lui répond favorablement à ma proposition. Pour moi c’est le partenaire idéal, toujours de très bonne humeur avec le sourire aux lèvres, de très bonne composition avec une bonne vision de la gestion des relais.
2) La préparation
Début février, Je vais passer 4-5 jours à Paris. Je profite pour m’entraîner avec mes copains du PUC. Je me rends compte de mon manque d’endurance sur de longs efforts. Au delà d’1heure je n’avance plus. Je découvre également des exercices de pilométrie pour faire travailler les muscles en statique. J’en prends note pour les appliquer à mes entraînements.
Je prends connaissance de l’inscription en 5 duos parisiens que je connais bien. On ne part donc pas en terrain inconnu.
Pendant toute la préparation sans trop se prendre la tête, je communique avec Sylvain par mail ou par téléphone. On échange nos sentiments et nos prévisions de préparation.
Chacun se préparera au mieux dans son coin.
Sylvain s’entraîne sur de longues distances du coté du Mans. Au début, il ne dispose que d’un anneau routier de 400m où il parfait sa technique au rythme de 3 entraînements par semaine. Un week-end sur deux, il se lance dans de longues sorties de 80 à plus de 120km à 25km/h de moyenne en fractionnant sa journée par une bonne pause déjeuner.
De mon côté, quand les conditions météorologiques le permettent, j’essaie de rouler le soir après 18-20h pendant 2, 3 ou 4h. Je dispose d’un parcours de 20km aux difficultés assez variées sur l’île de la Bartelasse. Ce circuit, en pleine nature, très sinueux, comporte quelques passages gratonneux (casse pattes) et une bonne portion de route départementale très roulante. Lampe frontale, chasuble fluo, brassard, réfléchissant sont de rigueur.
Les patrouilles de gendarmerie et des automobilistes me font des gestes amicaux ou m’encouragent. Ça fait du bien car je suis souvent obligé de braver le mistral glacial si je veux m’entraîner et je m’épuise assez vite. Il me semble que je ne retrouve pas mes sensations de l’an dernier alors que j’étais parti de très bas.
En fait depuis le mois de janvier, j’ai mes enfants en garde alternée et je ne peux rouler qu’une semaine sur 2.
Les réunions, les comptes rendus jusqu'à 2h du matin, la gestion administratives du club, les entraînements de la section hockey, la recherche de partenaires financiers pour le club et cette épreuve ainsi qu’un changement de logement m’obligent à faire sauter de précieuses séances d’entraînements et pomperont dans mes réserves.
Au fil des semaines, j’ai peur de ne pas être à la hauteur des performances de Sylvain. Il me rassure, de part ses objectifs et je sens qu’il me fait toute confiance. De toute façon on y va pour se faire plaisir sans objectif bien précis. On espère parcourir 140 tours, cela fait 10minutes au tour.
De mon côté, j’espère secrètement une bonne performance, c’est là le naturel de la compétition qui revient au galop.
Le mois de juin est consacré à la récupération psychologique. A 15 jours de la date fatidique je profite de la venue d’amis Briançonnais dans la région pour couper avec le roller. Le temps d’un week-end, je laisse tomber mes roller pour mon vélo. En 2 jours, nous monterons au Ventoux et feront un très grand tour au tour de ce même géant avec pause pique-nique et baignade. Ce week-end là me rebouste. Les pentes du Ventoux m’ont redonné des ailes et confiance en moi. Ces pentes et ces paysages sont mes terrains de jeux ou d’entraînement (depuis 1994, date à laquelle je suis arrivé dans la région).
3 jours plus tard, dernier entraînement roller. Je parcours presque 100km à environ 26-27km/h de moyenne sur la piste aux roller de Barbentane. La confiance est maintenant bien présente en attendant le grand jour.
Sylvain est également fin prêt. Pendant les 15 jours précédant la course, c’est quasi-repos, juste quelques "roulages" tranquillement, une fois par semaine pour ne pas perdre les
sensations.
Son seul petit soucis, vient de ses rollers. 1 semaine et demi avant, sa paire de Fila M100 (super confortable et performante) avec laquelle il a fait tous ses entraînements, rend l'âme. Enfin
ce qui est foutu c'est juste un des 2 petits inserts filetés de la chaussure de droite mais sans ça impossible de faire tenir la platine. C’est est plutôt emmerdant ... Seule solution racheter
une paire, identique pour ne prendre aucun risque sur le confort, paramètre critique sur 24h. Une dépense pas trop prévue !
De mon côté également, la dernière semaine et demie est consacrée à la récupération et aux préparatifs.
Je prendrai 3 paires de rollers : des Fila Matrix (chaussons bas en carbone assez légers, moyennement confortable pour des longues distances), des Bont semi-race (chaussons haut en carbone avec peu de mousse et un peu plus confortable et un peu plus lourd) et des Fila M100 (chaussons haut en carbone avec beaucoup de mousse, très confortable, mais très lourds).
Sur chaque paire, je monte 3 jeux de roues 100mm, 2 pour le sec et 1 pour la pluie. En cas d’apparition de douleurs au niveau des pieds pendant la course, ou en cas d’intempéries, je pourrais intervertir les roues.
Les roulements sont nettoyés et lubrifiés. Je prends des jeux de roulements de rechange et 2 ou 3 sous pulls que je prévoie de mettre la nuit en cas de forte humidité.
En fait, la météo est très incertaine et les sites changent souvent leurs prévisions. Autant ne pas tirer de plans sur la comète et prévoir les pires conditions. Tant mieux si elles sont meilleures.
Mardi 23 juin, c’est la publication de la liste officielle des concurrents, des numéros de dossards, des numéros de box et de zone moquette. Apparemment cette année les duos seront placés dans les boxes en bordure de piste. C’est un soulagement car je redoutais que, comme l’an dernier, les duos soient placés loin de la piste dans une grande tente juste à coté de l’estrade sur laquelle un concert est donné chaque année pendant la nuit de samedi soir.
3) Tactique et Alimentation.
Notre tactique est basée sur des séries de 3 tours chacun, soit 25 minutes d'efforts entre 16h et Minuit.
A minuit, 1 relais chacun d'une heure doit nous permettre de commencer à dormir un peu.
A 2h, 1 relais d'1h30 afin de bien dormir une fois les boxes devenus calmes.
A 5h, 1 relais d'1 heure pour la dernière pause "dodo".
Pour terminer, des séries de 3 tours de 7h à 16h pour fractionner d'effort.
Côté alimentation, Bernadette, médecin nutritionniste me prépare un programme d'alimentation sur mesure.
Pour l'épreuve, je prépare à l'avance toute la nourriture pour le week-end. Je remplis 6 bacs de glace avec des pâtes, du riz et des petits morceaux de poulet. La nourriture sera réchauffée dans un micro onde et assimilée par petite quantité pour être plus digeste et éviter les problèmes de digestion pendant l'effort.
Des barres de céréales, pâtes de fruits et bananes seront un bon complément pour être assimilé en roulant.
Coté boissons, depuis mon opération, mon organisme n'accepte plus les boissons isotoniques lors de long efforts. Mon ami Youb solo, qui vient d'ouvrir un magasin bio spécialisé dans
l'alimentation sportive, me fait découvrir la nouvelle gamme de boissons bio d'Oversim's. Après plusieurs tests en entraînements je m'aperçois que je supporte très bien ces nouvelles boissons
sans que cela me provoque de problèmes digestifs.
Ainsi des bidons de à base de Malto et Hydrixir seront assimilé en alternance avec des bidons de 640.
L’absorption de gels énergétiques toutes les 30 minutes pendant les longs relais nocturnes, apporteront du glucose permettant d’éviter l’hypoglycémie qui nous guettera.
4) Le voyage au Mans.
Vendredi 26 juin c’est le grand jour. Il est 7h, je me lève pour aller participer pour ce qui sera mes 5ème 24h du Mans roller consécutifs (3 en équipe, 2 en duo). Je n’ai pas très bien dormi. Tant pis, je dormirai mieux dans le car.
8h, Marie France (du club de Laudun) passe me chercher pour aller attendre le Bus de RPM (Roller Provence Méditerranée) à la sortie d’autoroute d’ORANGE. Là je retrouve les montpelliérains Jean-Michel (Mystic), Jonathan inscrit tous les 2 en solo ainsi que Lauren (la fille de Jean-Michel) qui staffera un peu son papa et Jonathan. Nous attendrons le bus jusqu'à environ 10h. Nous en profitons pour somnoler allongés dans l’herbe.
Pendant ce temps le bus récupère Isabelle et David du même club que moi ainsi que Georgy (Avignonnais du club de Gap).
En fait, en cherchant un moyen de transport le plus économique possible, le club de RPM m’indique qu’il cherche à compléter ses équipes. Je diffuse cette proposition à un prix défiant toute concurrence à tous les avignonnais et aux clubs des alentours. Ainsi Isabelle et Marie-Claire complèteront l’équipe RPM4 (randonneur). Georges et David complèteront l’équipe RPM3 (open). Gaby du club de Gap et Pat le Vampirou (des Montpellier Inline) complèteront l’équipe RPM2 (national).
C’est bien, cela fait une bonne petite délégation d’Avignonnais.
10h le bus arrive. Apparemment Les soutes du bus sont pleines. Nous entassons nos sacs au fond du bus. A un moment on se voyait être obligé de laisser la moitié de nos sacs dans les voitures. On s’installe dans le bus. On est très bien accueillis. Je connais déjà quelques personnes pour avoir roulé 15 jours plus tôt avec elles à Toulon à l’occasion d’un déplacement professionnel. L’ambiance est très conviviale et très agitée, bien orchestrée par Michael (un petit jeune qui roule aussi vite qu’il met de l’ambiance). Cela n’empêche pas Jonathan d’essayer de dormir pendant que Jean-Michel et moi discutions. Tous les moyens sont bons pour éloigner le stress. Le départ est quand même dans plus de 24h.
A Montélimar, nous récupérons, Gaby.
Pauses comprises, le trajet d’Orange au Camping du circuit Bugatti du Mans aura duré 11h. J’ai trouvé la fin de ce voyage interminable. Heureusement, Jean-Michel n’a pas arrêté d’être appelé par des amis communs. Cela nous a permis de trouver le temps moins long.
Arrivé au camping, je retrouve Agnès (ma chérie), venue avec son Jumpy. Cela sera plus confortable pour dormir que la toile de tente. Nous nous installons à coté du camp RPM.
Après un petit repas, je vais m’allonger dans le camion. C’est génial, je n’entends aucun bruit extérieur, même pas les ronflements de ceux qui dorment déjà ou les plaisanteries des joyeux lurons toulonnais.
Finalement je vais passer une aussi bonne nuit que Sylvain. En effet mon compagnon d’aventure a prévu de n’arriver que le lendemain vers 11h. Cela devait lui permettre de passer une dernière bonne nuit.
5) Le jour J
Samedi matin, petit réveil en douceur. Après un petit déjeuné bien copieux, avec Mystic, Jonathan, et Agnès, je vais retirer les puces, les dossards et l’accès au Paddock pour nos accompagnateurs. Dans la file nous croisons Youb, Jean-Paul (JP2copter) d’Eurocopter un autre ami solo qui adore rouler que pour le plaisir, sans objectifs de performance, Pierre de Marseille (8wd) et Gillou (de Mantes la Jolie) autre duo très sympathique (4° l’an dernier).
C’est toujours un plaisir de discuter avec JP2copter, il est toujours joyeux avec le sourire aux lèvres, même dans les pires circonstances.
Pierre (8wd), modérateur du site RollerEnLigne (le site référence du monde du roller) fait partie des personnes qui m’ont remonté le moral suite à l’abandon l’an dernier. C’est toujours un plaisir de le revoir. A quelques reprises nous avons évoqués de nous organiser une petite ride tous les 5 (Youb, Jean-Paul, Pierre, Gillou et moi). Jusque ici, nos emplois du temps ne nous ont juste permis de nous retrouver seulement tous les 5, que pour les 24h du Mans ou l’ascension du Ventoux en été.
J’abandonne mes collègues pour emmener Agnès dans les tribunes pour lui expliquer la configuration du circuit, les box.
11h, nous accueillons Sylvain et son papa. Je suis tout content de le retrouver. Sa présence, son optimisme et sa bonne humeur m’apaisent. Nous échangeons sur les derniers jours écoulés. On leur aménage une petite place pour qu’ils puissent se détendre.
6) Le Staff.
Pour cette épreuve, il est inconcevable de se présenter sans staff, au détriment de la performance. Le staff permet d’avoir une très bonne coordination entre les 2 patineurs pour la gestion des relais, des temps de repos, du ravitaillement.
Malgré mes sollicitations et la prise en charge du coût du transport d’un staffeur à ma charge, personne dans notre entourage sportif n’a accepté de nous accompagner. Un temps, Laurent, mon président de club était partant pour me staffer, malheureusement, il n’a pu se libérer de ses obligations pour ce jour là. Nous avons dû alors nous rabattre vers nos proches.
Agnès et Jean-François (le papa de Sylvain) ont alors acceptés le rôle de staffeur pour notre duo.
Agnès était terrorisée de mal faire. Longtemps à l’avance, il a fallu la rassurer, lui expliquer chaque chose qui pour un sportif est très simple mais paraisse montagne pour une novice.
Nous expliquons à Jean-François et Agnès leur rôle, la tactique de course, et toutes les petites astuces qui pourraient les aider dans leur rôle. Pour eux 2 c’est leur première expérience dans le monde de la compétition et du staff. Ils vont se former sur le tas sans trop de difficultés, malgré leur angoisse et la peur de mal faire.
Entre Agnès et Jean-François, la mayonnaise prend de suite. Ils s’entendront à merveille pendant tout le week-end.
7) Installation dans les stands.
Nous mangeons à 12h30 puis nous préparons les sacs à emmener. Les stands ouvrent à 13h. Nous ne nous pressons pas trop. Je préfère éviter la cohue et les piétinements devant les grilles à attendre l’ouverture des box. Arrivé dans notre box, nous trouvons une petite place. Les 2 duos à coté de nous se serrent un peu pour nous permettre de monter notre lit de camp. Nos affaires trouveront leur place sous le lit. Nous allons accrocher aux vitrages de protection du muret des stands un parasol et son support spécialement conçu par Gérard (un super bricoleur de l’ancienne asso). De ce fait, notre staff pourra se protéger des rayons du soleil.
En face de nous, sont installés le duo Pierre(8wd)-Gillou, le solo JP2copter et leur staff composé de Charlotte (la femme de Pierre) et Sandrine. Il n’y a pas meilleure place que d’être en face à ces amis toujours autant joyeux. L’ambiance est bonne et nous nous taquinons un peu.
Dans notre box je retrouverai quelques copains parisiens inscrit en duo. Laurent et Lionel (duo KMA), Christophe Galant du Puc (duo PUC tous les 2).
Une fois installé, je vais faire un tous dans les autres box duo et solo. Sur la piste, il fait vraiment chaud. J’évite de rester trop longtemps au soleil et je pars m’abriter dans les autres boxes duos et solo où je retrouve pleins d’autres riders connus pour blaguer. Ainsi, je discute un peu avec Sylvoutch (le clone Parisien de mon ami Youb), ancien solo et inscrit en duo avec Quentin un autre solo. J’en fais mes favoris de la catégorie duo.
Je croise également Tomtom (Thomas du PUC) qui s’est lancé dans le solo avec beaucoup de réussite. Beaucoup le désigne comme favori chez les solos.
Je vais voir l’installation de Mystic, Jonathan, Youb, puis retourne dans mon box pour blaguer avec Gillou, Christophe, Laurent et Lionel.
Malgré la parfaite connaissance de notre tactique de course, je discute de la stratégie de course avec Sylvain, mais nous connaissons déjà
8) Les qualifications
14h, c’est la séance de qualification. 300 mètres de sprint dans la ligne droite des stands. C’est Sylvain qui s’y colle. Je le charrie un peu. Je lui dis : « Si tu ne nous qualifie pas dans les 100, et même dans les 50 premiers, je ne prends pas le départ, et ne roulerai pas du week-end !!! »
Sylvain réalisera le 70° temps, c’est très bien. Je suis donc obligé de courir.
9) La course
15h, je prépare mes bidons et m’habille. Vers 15h20-15h30 je commence à m’échauffer pendant 20 minutes. Mes patins étant très facile à enfiler, c’est moi qui prendrait le départ. L’adrénaline commence à monter
15h50, c’est l’ouverture du circuit pour les patineurs qui prendront le départ. Pour ceux qui ne savent pas, c'est comme pour les motos : les coureurs d'un côté de la piste, la bécane (les rollos) de l'autre. Je me prends soin de bien placer mes patins en évitant de les placer dans l’herbe. Je fais attention de bien les ouvrir au maximum pour pouvoir les chausser le plus vite possible. Youb et Jonathan viennent s’installer non loin de moi. Tomtom (Thomas du Puc), toujours le sourire aux lèvres, n’est pas loin non plus. Je discute un peu avec les uns et les autres, mais on est déjà concentré. Pendant le défilé des drapeaux des nations représentés, j’en profite pour m’étirer et faire quelques flexions.
9-1) Le départ.
16h, c’est le départ. Je m’élance en direction de mes patins. Je les enfile en quelques secondes. L’adrénaline monte.
Sans serrer mes rollers, je me dresse et m’élance dans la ligne droite. Je ne suis pas vraiment stable. Je serre la molette de mes patins tout en commençant à rouler. Je serrerai les scratchs plus tard.
Sur la ligne de chrono je déclanche mon GPS. Je dois être dans les 20 premiers au bas de la Dunlop et je pense le 1er duo. J’entame la monté de cette fameuse Dunlop à un très bon rythme. Je vais aussi vite que les concurrents des équipes de 10. Je dépasse même quelques concurrents dans la montée. A 40 mètres devant moi, j’aperçois les premiers qui se regroupent pour former un petit peloton. Un instant je me dis que cela ferait une bonne photo : Un duo rattrapant les équipes élites qui se marquent juste après le départ. Je ne la fais pas, cela mettrait d’entré en péril nos objectifs.
La Dunlop franchie, je me lance à fond dans la descente. Je me retourne furtivement, le plus proche concurrent est à 20 mètres. Je peux donc profiter des 2 descentes pour finir d’attacher correctement mes patins. Au bas de la 2ème descente dans la grande ligne droite avec le faux plat montant et descendant, j’ai l’impression que cela va vite mais sans plus. Pourtant mon GPS indiquera une vitesse toujours supérieure à 38km/h dans toute la ligne droite, voir même 42 km/h. C’est grisant.
Dans la ligne droite des stands, je me retourne et voie qu’un groupe une dizaine de patineurs est en aspiration dans mon sillage. Je décide de laisser le relai et de me replacer à l’aspi en milieu de groupe. Eux ne feront qu’une série de 2 tours puis uniquement des séries d’1 tour. Ce n’est pas à moi de les emmener.
Le premier tour est avalé en 7mn50s à mon GPS. Avec le chaussage + 50 mètres de ligne droite depuis la position de départ, il est bouclé en 8mn23 au chrono officiel. C’est vraiment trop rapide. J’essaie de ralentir mais vu que tout le monde part très vite, trop vite, c’est plus fort que moi, je conserve mon rythme. Il faut juste tenir le temps que tout le monde se calme, sans trop se griller pour pouvoir tenir 24h. Dans la 2eme monté je me fais dépasser par 2 duos. Me sentant bien avec de la marge, je me fais violence pour résister à l’envie de les suivre. Continuant sur le même rythme, je ne perds seulement une dizaine de mètres dans la montée. A la fin du 2ème tour nous prenons déjà 1 tour aux derniers concurrents. Parmi eux figure le solo JP2copter. Je suis surpris de lui prendre déjà 1 tour. Je me dis qu’il a dû prendre son temps pour chausser correctement ses patins. Il va vite remonter au classement. Nous nous encourageons mutuellement. Le 2° tour sera bouclé en 8mn14s. C’est mieux mais encore trop rapide.
En passant devant Agnès et Jean-François je leur fais un grand sourire avec un geste de la main (le pouce vers le haut) pour dire que c’est formidable. Agnès me renvoie une grimace pour me dire que je vais vraiment trop vite et de ne pas m’enflammer.
Déjà la 3éme Dunlop! Combiné au départ très rapide, elle commence déjà à faire son effet. Les 2 duos de Mérignac me doublent. Sagement je les laisse également filer. Le 3° tour sera bouclé en 8mn35, c’est parfait. Au passage de témoin, je suis tout content de dire à Sylvain que nous sommes 5°. Je lui indique que ceux qui nous devancent vont vraiment très vite et que ça ne sert à rien de vouloir rivaliser avec eux pour le moment. Je lui propose de changer notre stratégie et de ne faire que des séries de 2 tours plutôt que 3 tours. En effet après 2 tours consécutifs il fait vraiment tirer sur l’organisme pour maintenir un rythme correct.
Pendant ma pause, je sens que j’ai trop chaud et malgré les petites gorgées que j’avale régulièrement, il me semble que j’ai très soif. Pourtant, j’ai commencé à m’hydrater bien avant l’échauffement en faisant attention de ne pas me gonfler d’eau. Pendant les tours de Sylvain je vais me mettre à l’ombre dans le box. Il bouclera son 1er tour en 7mn47. C’est trop rapide. Jean-François et Agnès lui font signe de ralentir. Sagement il ralenti. Il boucle son 2ème tour en 8mn38 et le 3ème en 9mn13.
Au passage de témoin du 6° tour Sylvain m’indique qu’il est d’accord pour passer sur une stratégie avec des relais de 2 tours. On est 6ème duo et dans les 20/30 premiers au général.
Il est 16h50. 6 tours sont déjà parcourus. On a 1 tour d’avance par rapport à la moyenne de 25km/h que l’on s’est fixée.
L’euphorie du départ est retombée. On ralenti un peu la cadence. Nous allons réaliser 10 séries de 2 tours, sans faiblir sur le un rythme de 8mn à 9mn au tour.
Tours après tours, nous doublons nos amis solos bien callés sur leurs stratégies. Nous nous encourageons mutuellement. Notre vitesse est trop élevé pour pouvoir les emmener dans notre sillage. Ce n’est que partie remise, au petit matin quand tous les duos auront baissé de rythme. On devrait pouvoir partager de bons moments avec les solos. Beaucoup de participants anonymes nous encouragent et nous font part de leur admiration pour les solos et les duos. J’essaie d’en faire de même quand j’ai l’occasion de croiser des solos. A chaque fois que je croise Marie-Pierre on se fait coucou. Elle me dit qu’elle apprécie vraiment sa première expérience des 24h. Quand ils me reconnaissent, les coureurs des équipes RPM me font des petits saluts amicaux. C’est vraiment génial comme ambiance.
9-2) Fin d’après-midi difficile.
19h46, 26 tours sont parcourus. On n’a pas vu le temps passé. Nous sommes maintenant 7ème. Nous avons 4mn de retard sur le 5ème et 1mn sur le 6ème. Nos poursuivants sont à environ 30s, 4mn et 5mn.
Je m’apprête à prendre le relais. Sylvain est encore frais comme un gardon alors que pour moi, ça commence à devenir dur. J’ai trop chaud et très soif, je n’arrive pas à me désaltérer, malgré le nombre de bidons que j’ai déjà bu.
En fait j’ai du mal à ventiler le haut de mon organisme. J’ai fais une grosse erreur, J’ai mis mon ancienne combinaison course des Funnys Riders (bien confortable avec ses poches dans le dos) sous mon tee-shirt du club d’Avignon. L’air a du mal à passer pour me refroidir le torse. J’ai donc trop bu sans arriver à me désaltérer correctement.
Sylvain ne le sais pas et me propose de reprendre notre tactique initiale avec des séries de 3 tours.
Cette série sera un vrai calvaire. Mes tours sont bouclés en 10mn, 11mn et 12mn. Je n’arrive même plus à suivre des randonneurs et ne dépasse pas le 22km/h sur la ligne droite au pied de la 2° descente. C’est très frustrant. Subitement, je me sens vraiment nul. Je suis déçu et culpabilise de ne pas être à la hauteur de mon compagnon ni de mes attentes. Je pense être à la limite de l’abandon, mais par rapport à Sylvain, par rapport aux avignonnais qui m’enverront des SMS d’encouragements tout le long du week-end, je ne peux pas abandonner. Cela serait une cruelle désillusion pour tous. J’essaie de me faire violence pour retrouver le moral et la forme.
Avant le départ, tirant la leçon de l’an passé, j’avais dit à Sylvain qu’il fallait beaucoup communiquer sur notre état de forme et faire en sorte que nous pallions chacun aux défaillances de l’autre.
Sylvain l’a bien assimilé. Au passage de témoin, nous discutons brièvement de notre forme respective. Sylvain voyant ma mine déconfite me propose de rouler 5 tours afin de pouvoir me remettre. Et d’aviser à chaque relais. Je n’ai juste pu trouver la force de dire OK. J’ai toute confiance en lui. Je sais qu’il va assurer pour 2 pendant que je vais essayer de me remettre le plus vite possible.
De retour au paddock, je m’effondre en larme devant Agnès. Jean-François et Agnès essaient de me remonter le moral. Ils essaient de me faire redevenir lucide. Agnès me dit qu’on n’est sûrement pas les seuls à ne pas se sentir bien, tout le monde doit être bien entamé et que beaucoup seraient content d’être à notre place. Elle me fait également comprendre que ces dernières années j’ai affronté des situations bien pire alors ce n’est pas quelques goûtes d’eau en trop dans mon corps qui vont m’arrêter. Cela a pour effet de me remotiver. Je n’ai pas le droit de me plaindre alors que je suis toujours vivant et que d’autres se battent tous les jours contre des maladies en tout genre pour vivre. Je pourrais être l’un d’eux, mais j’ai la chance de vivre et de profiter pleinement de la vie.
On rentre dans la partie où il faut tenir, ne pas craquer. C’est maintenant que tout se joue. Il faut savoir bien récupérer, se dépasser et montrer ce qu’on a dans le ventre.
J’évite de boire. Je mange un peu et file dans la douche. A la sortie je me sens déjà mieux. Je me change. Je décide de ne pas remettre ma combinaison course sous le tee-shirt du duo. Je me masse un peu les cuisses puis m’allonge un moment. Au moment de repartir je me sens un peu mieux, mais ce n’est pas encore la forme.
21h, 34 tours parcourus. Nous sommes maintenant 10ème. Nous avons été doublé par 2 duos français Little et Fanfan de Planète roller et le duo du PUC (avec Christophe G). Le duo des anglais (3ème l’an dernier) nous a aussi doublés. Pierre et Gillou nous suivent à quelques secondes.
Charlotte (la femme de Pierre) prend souvent en photo le classement des duos. Elle nous indique régulièrement la place que nous occupons. Pour ce qui est des écarts, nous ne les connaissons pas réellement. Ce n’est que quelques jours après l’épreuve que je connaîtrais les écarts réels aux différents moments de la course.
Pierre m’indique que son duo nous talonne de quelques secondes. Il en profite pour me taquiner amicalement. Je n’y prête presque pas attention. Pour le moment mon but est de tenir et de retrouver la forme, le classement est devenu secondaire.
Je repars pour 2 tours de 9mn45 et 11mn, puis Sylvain roulera pendant 1 heure afin que je finisse de me remettre totalement. Je mange un peu puis m’allonge sur le lit. Je ne vais pas dormir mais le repos va être vraiment réparateur.
Pendant ce temps Sylvain assure comme un chef, il aura couvert 7 tours à entre 9 et 10 minutes au tour. La température a baissée, c’est plus agréable pour rouler.
9-3) Le retour de la forme avec la tombée de la nuit.
22h30, 44 tours parcourus. Nous sommes toujours 10ème duo.
Avec la tombé de la nuit la chaleur diminue, c’est maintenant plus agréable de rouler. Mon coup de pompe est passé. Sylvain a été énorme, il a vraiment bien assuré. Les duos qui nous précèdent ont moins d’un tour d’avance. Nous allons essayer de revenir sur ceux qui nous devancent.
Nous repassons sur des relais de 4 tours.
Les temps au tour redeviennent corrects. Nous tournons régulièrement sous les 10 minutes voir 9 minutes. Le moral est de retour. Régulièrement, tout en roulant à une bonne vitesse des concurrents discutent avec moi, me proposent leur aspiration. Dans les parties planes et les descentes, j’arrive à m’accrocher à des petits groupes des équipes du top 30.
Dans un virage peu éclairé, le témoin tombe de la poche arrière de mon tee-shirt. J’abandonne le groupe dans lequel j’étais pour rechercher en vain le témoin. Dommage ce groupe me convenait vraiment. Après 1mn30 de recherche infructueuse je reprends la piste.
Expliquant mon problème à l’organisation (au pied de la Dunlop), je suis aux premières loges pour assister au feu d’artifice des 10 ans de l’épreuve tirée dans la Dunlop. Dommage que je n’ai pas l’appareil photo à ce moment là.
1h du matin, 9h de course et 57 tours sont déjà parcourus. Nous sommes maintenant 8ème dans la catégorie duo et dans les 50 premiers au scratch.
Les 2 duos (parisien) nous précédent « Little et Fanfan » et « Puc tous les 2 » avec Christophe se sont arrêtés. Le duo « Pierre et Gillou » est maintenant à 1 tour derrière.
Nous partons pour des relais d’1h30 afin de pouvoir dormir un peu. C’est moi qui vais commencer à dormir. Agnès part également dormir au camping laissant Jean-François s’amuser tout seul avec ses chronos à calculer l’heur de mon réveil. Agnès reviendra vers 4h pour relayer Jean-François.
Je ne mis pas moins de 5 minutes pour m’endormir sous la couette, non sans avoir vu notre classement qui me réjouit et pris le temps de manger un peu.
Pendant mon sommeil, Sylvain continue d’aligner les tours entre 9 et 10 minutes.
1h30 plus tard nous inversons les rôles. Sylvain me passe le relais et part prendre un repos bien mérité.
L’air est maintenant frais et un peu humide. Il faut faire attention de ne pas attraper froid et se changer entre chaque relais.
3h45, presque la mi-course. Nous en sommes à 74 tours parcourus. Le classement reste inchangé.
Agnès prend le relais de Jean-françois
Nous repartons pour 1 séries de 4 tours chacun puis 1 série d’1h10 chacun.
9-4) Ambiance dans les box.
En fin de nuit, j’assiste impuissant à l’arrêt du duo Pierre-Gillou. Pierre qui est en piste depuis 3h ne trouve pas son compagnon au moment de lui passer le relais. Gillou est à l’infirmerie. Lui aussi fait face à des problèmes digestifs. Pierre très fatigué part dormir au camping.
Plus tard à son retour de l’infirmerie, je voie Charlotte entrain de motiver Gillou pour reprendre la piste, prudemment, à faible allure. Le but est de faire rouler coûte que coûte, même très lentement. Je ne peux rester de marbre devant cette scène. Je n’ai pas envie de voir des amis abandonner sans rien faire. Je viens à mon tour voir Gillou. J’essaie à mon tour de le motiver à reprendre la piste, quitte à tourner en 15 minutes. Dans ce cas à son réveil, je pense que Pierre serait remonté comme une horloge pour finir l’épreuve. Je sais que pour lui un abandon au Mans serait très difficile à surmonter. On en avait discuté longuement l’été dernier. Je propose également à Gillou de le pousser les tours ou je serais avec lui. Finalement Gillou reprendra la piste à 5h. C’était pour moi un moment chargé en émotion, où les larmes ne demandaient qu’à sortir. Des émotions que seule cette épreuve peut en offrir. C’était important pour moi de continuer à les voir rouler. C’est un juste retour des choses et une façon de remercier Pierre pour le soutien qu’il a pu m’apporter suite à l’abandon de 2008.
7h30, 96 tours. Nous sommes maintenant 7eme et bientôt 6°. Je viens de rouler quelques tours avec le duo des anglais qui nous précède de quelques minutes, Il m’a indiqué qu’ils vont abandonner. Son compagnon a un problème au genou. Je suis vraiment désolé pour eux. On peut être en concurrence pour la même place, on ne doit pas pour autant être insensible aux problèmes des autres concurrents.
Il faut dire qu’il règne une grande convivialité entre les concurrents. Chacun bénéficie d’une partie de la logistique des autres et inversement. Ainsi, nous avons pu utiliser le micro onde d’un autre duo pour réchauffer notre nourriture. Notre lit servira également tour à tour à JP2copter, Pierre et Gillou pour se reposer plus confortablement que sur leur petit matelas à même le sol. Sandrine masseuse de Pierre, Gillou et JP2copter me prodiguera un super massage réparateur alors que des douleurs apparaissaient dans les jambes.
9-5) La gestion du petit matin.
Après un bon repos, Jean-François est de retour au chrono.
Il reste encore 8h30 de course. Les 5ème ont 3 tours d’avance et les 7ème 4 tours de retard. Le dilemme est de savoir si on essaie de tenter de rattraper ceux qui nous précèdent au risque de tout perdre ou d’assurer.
Nous repassons sur des relais de 4 puis 3 tours, non pas pour aller plus vite mais parce que le dernier tour du relais devient vraiment dur. Malgré cela, le plaisir de rouler est toujours là, l'adrénaline nous maintient au taquet. A certains moments on ressent des frisons, des sensations dont on n’a pas l'habitude. On ne sait pas vraiment si c'est de l'adrénaline, une réaction à la température ou à la fatigue. C'est entre le plaisir et le spasme nerveux. On sent que l'on titille ses limites.
Finalement je décide d’assurer la place, sans pour autant trop relâcher notre effort. Il serait vraiment dommage de tout perdre après tant d’efforts, juste pour un excès d’orgueil. Pour moi le contrat est déjà rempli. Les 4 premiers duos sont vraiment de très haut niveau. Trop fort pour nous. Seul les 5ème (des Tchecs) sont à notre niveau. Sans le passage à vide du samedi en fin d’après midi, peut être seront nous à la lutte avec eux pour la 5ème place. Nous ne le serons jamais.
La baisse de notre allure me permet de rouler quelques tours avec mes amis solo (Youb, Mystic, JP2copter, Jonathan). J’essaie de les aider un peu en leur offrant l’aspiration ou en les poussant (légèrement). Le Mans c’est ce n’est pas qu’une course, c’est aussi le lieu de grands moments de fraternité, d’entre aide et de solidarité entre les concurrents. C’est également un grand moment de rencontre, avant de partir en vacances, avec tous les copains, tous les amis que l’on croise régulièrement sur les courses.
Je discute un moment avec Romy (de Paris) inscrite en Duo. Je prends des nouvelles de Thibault (son chéri) parti faire un raid roller en Iran. Thibault est un rider de l'extrême qui parcourt les différentes régions de l'Orient en roller. Un précurseur de l’effort solitaire au Mans. Ses expéditions sont à découvrir sur son blog (http://desroutesquimontent.blogspot.com/).
Inquiète devant l’augmentation de mes chronos, Agnès me questionne du regard en connaître la raison. Avec un grand sourire, je lui fais signe le pouce vers le haut que tout va bien. Il ne faut pas s’inquiéter. Moi aussi j’ai le droit de blaguer un peu, même sur la piste.
D’autres fois, dans la descente et sur le plat, je bénéficie de l’aspiration d’autres amis comme Caro (Caroline Jean néo-nantaise, présidente d’honneur du PUC) et Yumyum (Dominique, un rider parisien très discret fort sympathique). Avant qu’ils viennent nous saluer dans les stands.
Yumyum remporte même la palme du dévouement. Lancé comme un bolide dans la Dunlop, il trouve le luxe de planter un gros coup de frein au milieu de la montée pour s’arrêter à mon niveau et m’accompagner sur un tour complet. Merci jeune homme, c’est un bel exemple d’amitié et de solidarité. Dans cette même Dunlop nous doublons Thomas (Tomtom). Il dans les tous premiers de la catégorie des solos. Peut être même en tête, mais il est épuisé. Il est au bord de l’abandon. Nous lui conseillons de faire une pause mais de ne pas abandonner. Malheureusement le sort en décidera autrement.
Plus tard je retrouve Pierre pour rouler une dizaine de tours avec sur un bon rythme. On s’arrange à chaque fois pour que nos relais tombent en même temps.
Dans les box, pendant nos pauses nous voyons quelques amis défiler pour prendre de nos nouvelles, ainsi, Pat le Vampirou des Montpellier Inline (qui a lui aussi renforcé l’équipe RPM2) viendra voir ses compagnons de club Mystic et Jonathan et me fera coucou au passage, Caro croisée sur la piste viendra également mais se fera gentiment sermonner par un staffeur de son équipe pour avoir traîné à ramener sa puce au relayeur suivant.
Sur la piste, à un peu plus d’une heure de l’arrivée, je retrouve Youb et Pascal (84only) que je croise pour la 1ère fois du week-end. Youb, qui en est à son 99ème tour, me confie qu’il va faire une pause au prochain passage sur la ligne avent de boucler son dernier tour. Il me dit qu’il va s’arrêter à 100 tours. Connaissant son caractère de battant, je ne l’ai pas crue. Finalement il bouclera 105 tours. Au passage sur la ligne, j’entame la Dunlop tout en continuant à discuter avec Pascal. Comme à chaque fois cette monté me sépare de mes amis solos. Par manque de lucidité, j’oublie de lui demander son classement, avant de lui souhaiter bon courage pour la fin de l’épreuve. A ce moment là, Pascal est dans les 2 premiers avec quelques minutes d’écart. J’apprendrai plus trard qu’il a fait une super remonté depuis le petit matin. Finalement Pascal gagnera l’épreuve dans la catégorie solo. Chapeau!!!!
9-6) Le final.
A 15h, 137 tours ont été bouclés. Nous sommes toujours 6ème avec 3 tours de retard et 5 d’avance sur nos concurrents directs.
Je propose à Sylvain que ce soit lui qui fasse le dernier tour. C’est un moment très intense à vivre que je souhaite lui offrir.
Nous passons sur des séries d’un seul tour. Ce n’est pas que cela devienne trop dur, mais juste pour pouvoir gérer au mieux le moment il devra prendre le dernier relais. Après 15h50, il est interdit de passer le relais à un équipier. Selon le temps au tour, il arrive que le dernier relayeur doive faire 3 tours.
15h46, 142 tours couverts. Je passe le relais à Sylvain pour son dernier relais.
Rejoignant les box, je croise Sylvoutch. J’apprends que son duo est en tête de la catégorie. Je suis content pour lui. Je le félicite avant l’heure. Je file vite enlever mes roulettes qui depuis plus d’1h30 me font souffrir sur l’avant de la cheville. Je rejoins Agnès et Jean-François sur le muret des stands. Là nous attendons le passage de Sylvain. Nous saluons tous les concurrents pour leurs derniers tours.
Sylvain bouclera encore 2 tours. Ceux seront ses 2 tours les plus lents. Sur les murets, l’attente est interminable. On espère qu’il ne se sera pas fait mal. Plus tard il dira qu’à ce moment il avait trop chaud et pas vraiment envie de forcer. Qu’importe le job était fait, même très bien fait, au-delà de mes espérances.
16h, la délivrance, ambiance de fou sur le circuit, tout le monde est massé à côté des tribunes. Content de nous, content d'en avoir fini, c'est long 24h mine de rien.
Pas trop de bobos à déclarer. Pour Sylvain, un coup de soleil sur le nez, une ampoule et les lombaires un peu raides, sinon tout va bien.
Pour moi, juste quelques douleurs sur l’avant des chevilles et pas vraiment de douleurs musculaires ni digestives.
Nous nous félicitons mutuellement ainsi que les autres duos et solo avec une mention particulière pour Gillou qui a réussi à tenir jusqu’au bout.
Il s’en suit une petite séance photo traditionnelle, où chacun se laisse prendre en photo où prend ses amis en photos. Ainsi ne ferons tour à tour des photos avec Mystic, Jonathan, Pat des
Montpellier Inline (qui a lui aussi renforcé l’équipe RPM2) puis avec Pierre et Gillou.
Les stands sont déjà à moitié vide quand nous arrivons. Nous rangeons nos bagages tranquillement sans vraiment se presser. Nous saluons une dernière fois nos amis riders. Je donne rendez vous à Pierre, Gillou et Jean-Paul (JP2copter) pour le stage du PUC en Provence et l’ascension traditionnelle du Ventoux.
Sur le chemin du camping, je prends un peu de temps pour saluer les copains que je croise.
Au camping, les affaires sont déjà rangées. Je prends vite une petite douche puis nous chargeons les affaires dans le bus.
Je dis au revoir à Agnès, Jean-François et Sylvain tout en les remerciant pour leur accompagnement dans cette aventure. Tous les 3 ont vraiment été formidables.
Juste après le départ, dans un demi-sommeil, j’essaie de répondre aux SMS qui m’attendent. Le trajet retour sera très calme. Je trouverai une petite place pour dormir dans l’allée centrale du bus pendant presque tout le retour.
10) Bilan.
Nous terminons 6ièmes/48 duos, 104ièmes/530 équipes au général, 144 tours, 602 km en 24h soit 25 km/h de moyenne. Nous sous sommes vraiment dépassés et avons pris beaucoup de plaisir. L’objectif est donc atteint.
Les 4 équipes du club Roller Provence Méditerranée avec qui nous voyageons ont également bien marché.
RPM1 (l’équipe des pro) se classera 1er avec 203 tours,
RPM2 (national) avec Gaby de Gap et Pat de Montpellier se classera 8ème avec 183 tours,
RPM3 (open) avec Georgy et David se classera 70ème avec 150 tours,
RPM4 (randonneurs) avec Marie-Claire et Isabelle se classera 387ème avec 111 tours.
Un super bilan, en espérant les avignonnais mieux représentés dans le futur.
D’un point de vue personnel, cette épreuve m’a fait beaucoup de bien. Je suis requinqué. Je reviens la tête remplie de bons souvenirs et d’émotions comme un novice qui découvre cette épreuve et la compétition. Finalement je ne vais peut être pas arrêter de suite la compétition.
J’ai longtemps affirmé que jamais je ne participerai aux 24h du Mans en solo. Pour moi vous êtes des cintrés (au bon sens du terme) qui imposent le respect. Du premier au dernier ils m’épatent.
Il faut avoir des tripes pour oser se lancer dans cette aventure sans avoir d'équipier pour les relayer. En plus, bien souvent ils vont presque aussi vite que les duos, alors que nous les duo à
ce moment là on sent la fatigue arriver. Ils arrivent à patiner avec le sourire aux lèvres alors que leur corps les font souffrir...
On dit toujours qu’il ne faut jamais dire jamais….. Effectivement, en plus de l’envie de vivre cette épreuve en accompagnateur, j’envisage maintenant une future participation aux 24h du Mans en
solo d’ici quelques années.
Sur cette bonne lancée, cet été, je vais poursuivre les entraînements, notamment avec le PUC en stage au plateau d’Albion du 25 au 1er Août.
Le 2 Août, sera un nouveau rendez vous avec le Ventoux pour la traditionnelle ascension du Géant de Provence en roller avec le PUC, la 6ème du nom. Ce sera également ma
4ème participation à cet évènements.
Le 15 Août, je participerai à la OneEleven (Course de 114km du coté du lac de Constance) en suisse. Chaque année, 1500 patineurs européens sont inscrit à cette épreuve.
Après ces évènements, je verrais quel sera mon avenir dans le monde du roller. Pour le moment je ne sais pas ce que je ferai plus tard. Je suis en pleine réflexion. Malheureusement, pour des raisons personnelles et à contre coeur, je pense me désengager du nouveau club de roller d’Avignon. Je sais que c’est vraiment dommage, mais c’est ainsi.
Je me donne tout de même l’été pour mûrir dans ma réflexion. D’ici là, si certaines choses changent, je reconsidèrerai bien volontiers ma position.
11) Remerciements.
Je remercie tout ceux qui m’ont accompagné dans cette aventure par leur aide directe ou indirecte sans qui elle n’aurait aboutie :
Décathlon le Pontet et le shop Bio Rider Nature (Youb solo),
Notre staff Agnès et Jean-François qui sans qui cette aventure n’aurait jamais pu avoir lieu,
Sylvain le compagnon idéal pour une épreuve comme celle-ci,
Agnès qui m’a assisté et m’a poussé à m’entraîner les week-end où le mauvais temps m’avait dissuadé à rouler,
Bernadette (nutritionniste) pour toute la partie alimentation,
Youb Solo pour toute l’expérience qu’il m’a transmis depuis quelques années,
RPM pour le transport et leur accueil chaleureux,
Tous les Avignonnais qui m’ont soutenu par leur SMS ou leurs coups de téléphone,
Les amis riders qui m’on encouragé avec qui j’ai eu le plaisir de rouler, de partager d'intenses moments (Youb, Mystic, Jonathan, Pierre (8wd), Gillou, JP2copter, Sylvoutch, Tomtom, Yumyum,
Pascal (84only), Caro, Romy, Marie-France, et tout ceux que j’aurais pu oublier),
Et aussi tous les concurrents anonymes croisés sur la piste et dans les box .